Le monde de l’interprétariat, de la traduction et tout ce qui touche aux langues internationales semble parfois inaccessible. « Ce monde est réservé aux élites», vous diront la majorité des francophones ou du moins une grande partie des personnes qui ne maîtrisent pas cet univers. Mais il existe aussi des personnes qui refusent de se conformer à cette règle élitiste.
Sur cette liste non exhaustive figure Abou Bakayoko, président du REVILA (Réseau Estudiantin pour la Valorisation de l’Intellect et du Leadership Africain) et interprète bilingue (Anglais-Français ) avec plus de dix (10) années d’expérience. Une casquette qui lui permet d’être dans toutes les hautes sphères du monde sans demander la permission. Au contraire, c’est à lui que revient le dernier mot.
Il facilite les communications, les interprétations et les compréhensions lors des conférences internationales, réunions diplomatiques, séances de travail en ligne… Dans cette interview exclusive, le monde de l’interprétariat s’offre à vous comme vous l’avez jamais imaginé. Entre séance de télétravail, brief d’information, debrief d’interprétation et l’essor de l’intelligence artificielle, Abou Bakayoko nous explique comment tirer son épingle du jeu.
Dans quel type d’événements interviens-tu généralement ?
Un interprète intervient presque dans tous les événements. Chaque fois que tu es sollicité, si ton agenda le permet, tu réponds présent à la date indiquée. C’est un travail international, intercontinental et interconnecté. Nous collaborons avec des institutions nationales et internationales, des ONG ainsi que des ministères. Notre rôle est de faciliter la communication lors de leurs évènements.
Les nouvelles méthodes de travail en ligne surtout avec le télétravail ont -elles affecté ton travail ou elles ont plutôt aidé à développer tes compétences?
Je pense que le télétravail existait bien avant, mais il n’était pas vraiment vulgarisé avant 2020. Avec la COVID-19, c’est devenu une alternative inévitable à adopter. Il n’a pas été un obstacle, mais plutôt une opportunité de diversifier nos différentes offres et possibilités d’interprétation. Disons simplement qu’il a permis de se réadapter et de porter un nouveau regard sur les différentes opportunités qui s’offrent à nous au-delà de nos frontières.
Le passage au numérique n’a pas eu d’impact négatif majeur sur les activités. Au contraire, il a ouvert de nouvelles perspectives professionnelles et renforcé l’accès à des opportunités au-delà des frontières.
A quels types de difficultés es-tu généralement confronté lorsque les institutions sollicitent tes services pour des séances d’interprétations?
Il y a d’abord le manque de valorisation de notre métier. Certaines structures pensent que l’interprétation est une chose secondaire. Il suffit juste de parler. Pourtant, un seul mot interprété de travers pendant un événement peut provoquer des incidents diplomatiques.

Puis il y a parfois la difficulté d’accès à la documentation afférente aux rencontres. La mise à disposition peut prendre du temps en raison de leur caractère confidentiel. Mais, plus vous faites bien votre travail, plus vous gagnez en crédibilité et les clients vous font confiance.
Est-ce qu’il arrive d’avoir recours à l’intelligence artificielle?
Oui, quand il s’agit de la traduction et des recherches, tu peux solliciter l’intelligence artificielle. Parce qu’elle va produire des choses mécaniques et écrites. Mais dans l’interprétation simultanée, c’est impossible. C’est vraiment un travail humain. Il faut de l’interaction en direct. Tu dois écouter, comprendre et interpréter. Et ton interprétation doit correspondre au contexte. Il faut savoir utiliser les mots justes. Ce n’est pas de la traduction mécanique comme le font les machine et les IA.
Quels sont les conseils et « tips » que tu donnerais à tous ces jeunes qui souhaitent faire le métier d’interprétation?
Je dirai qu’il faut vraiment savoir ce qu’ils veulent faire. Il y a plusieurs paramètres à prendre en compte avant de s’engager dans ce métier. Cela commence par reconnaître ses faiblesses et travailler constamment à les corriger. Parce que la langue est dynamique, le mieux est de se familiariser avec les mots, les terminologies en fonction des domaines. C’est une formation continue, tournée vers l’international. Bien sûr, il ne faut jamais cesser se cultiver.


